Depuis de nombreuses années, nous allons au contact du public,
visiteurs de salons et foires, clients de supermarchés, nous
nous sommes aperçus les mêmes questions reviennent souvent,
aussi, nous apportons ici quelques réponses, en espérant
que les réponses aux questions que vous vous posez s'y trouvent...
- " De quelle variété s'agit-il
? "
- C'est une Golden. Et oui n'allez pas croire
que c'est le fruit des amours forcées entre tel ou tel hybride.
La Golden du Limousin, c'est la Golden "d'origine", celle
des frères Starck (1890), car sur le plan gustatif, on n'a pas
trouvé mieux. NB: Savez-vous que les chercheurs de variétés
nouvelles, qui jouent sur les hybridations et les mutations, ont réussi
à sélectionner des variétés qui rosissent
quasiment sous tous les climats et dans toutes les régions !
Prenez garde bientôt la golden à joues roses pourra venir
de partout...
- " Qu'est ce qui la différencie des autres
Golden ? "
- C'est une Golden d'altitude, dont les principales
caractéristiques sont la forme légèrement allongée, le croquant, la
jutosité et le bon équilibre sucre-acidité. Le terroir donne à
la Pomme du Limousin des caractéristiques particulières
qui lui permettent (l'acidité, mais aussi la forme et le nombre
des cellules) de se conserver jusqu'à l'été suivant la récolte.
- " Qu'entendez-vous par " altitude " ? "
- La Pomme du Limousin est cultivée entre 300
et 500 m d'altitude, à la limite du froid. Ce n'est pas encore le plateau
de millevaches, (qui culmine à 900 m et qui serait beaucoup trop
rude) mais on emploie le terme d'altitude par opposition aux régions
de plaine qui fournissent l'essentiel de la production française.
Concernant Golden, c'est un moyen pour nous de la différencier.
D'un point de vue gustatif, une Golden du Limousin est trés différente
de la plupart des Golden cultivées dans la plaine : le terroir, c'est
à dire le climat, le sol, le sous sol mais aussi les hommes apporte
au produit sa typicité: il en fait un produit inimitable.
- " Vous n'avez que de la Golden ? "
- Le verger limousin est composé à prés
de 80% de Golden. Mais nous cultivons d'autres variétés telles que la
Gala, la Braeburn, la Reine des Reinettes, la Reinette grise du Canada
ou plus locales comme la Ste Germaine également appelée
Lestre, pomme Comte ou Reinette de Brive. Le Limousin a toujours été
un pays de pommes, de nombreuses anciennes variétés en
témoignent. La Golden a trouvé sa terre d'accueil en Limousin,
c'est aussi LA variété qui démontre l'effet terroir
le plus puissant. La Golden en Limousin est l'antithèse de la
Golden parfois décriée: point de farineux et d'insipide
ici: du croquant, de la jutosité, un subtil équilibre
de sucre et d'acidité.
- " Pourquoi sont-elles si croquantes ? "
- Le terroir limousin et le climat rude qui
lui est associé donnent à la Pomme du Limousin ses caractéristiques
gustatives ainsi qu'une chair très ferme, croquante.
- " Où se situe le Limousin ? "
- Le Limousin se situe aux contreforts du Massif
Central, entre l'Auvergne et le Bassin Aquitain. La région comprend
3 départements : la Haute-Vienne, la Corrèze et la Creuse, auxquels
se rajoute le Nord Périgord qui appartient à la même
unité physique :"les plateaux du Haut-Limousin".
- " En Limousin, que représente le verger de
pommiers ? "
- Le verger limousin est cultivé par 460 producteurs,
sur une superficie d'environ 3300 ha.
- " Quel est le rendement limousin ? "
- Le rendement moyen en Limousin est de l'ordre
de 35 à 45 tonnes/ha, ceci nous pénalise, face à
des régions où la production est plus intensive, parfois proche
de 80 tonnes/ha. Heureusement, cela a aussi des effets positifs et la
qualité est au rendez-vous: mais notre différenciation
qualitative était vitale. Ainsi l'AOC peut contribuer à
maintenir des productions de qualité dans des régions
vouées à la disparition dans une logique purement productiviste
ou seul le cout de production intervient. De telles logiques poussent
à délocaliser toujours plus loin et amènent la
désertification des campagnes.
- " Comment se passe la cueillette des Pommes
du Limousin ? "
- La pomme est un fruit très fragile qui demande
à être manipulé très doucement. La pomme est donc récoltée manuellement,
en prenant le maximum de précautions pour ne pas la choquer. Puis
tout au long de la chaîne de conditionnement, elle est constamment
baignée dans l'eau, lui évitant ainsi de prendre des chocs. La période
de cueillette s'échelonne du 15 septembre au 10 octobre, avec des
variations chaque année.
- " Vous avez des pommes jaunes et d'autres
rosées, ce sont 2 variétés différentes ? "
- Non, ce sont toutes les deux des Golden,
qui proviennet des mêmes arbres. Les pommes possédant une face rosée
étaient les mieux exposées sur l'arbre, alors que les
pommes plus jaunes étaient dans le feuillage. Sur le plan gustatif,
elles sont trés proches, mais les roses sont si belles, et
si rares, elles sont trés prisées de certains marchés
haut de gamme.
- " Qu'est-ce qui leur donne cette coloration
? "
-Dans le meilleur des cas 15 à 20% des
Pommes du Limousin présentent une face rosée. L'action combinée des
nuits très fraîches de l'automne et du soleil du petit matin, avec
l'évaporation de la rosée sur la pomme favorisent la pigmentation
du fruit. Ainsi, il y a production d'anthocyanes et de carotène, les
amidons se transforment en sucres et les arômes se développent pleinement
: c'est là que la couleur rose apparaît sur les pommes les mieux exposées.
- " Comment sont-elles conservées ? "
- La pomme est un produit vivant, elle respire
et vieillit assez vite à l'état naturel. Nous pratiquons
une conservation tout à fait naturelle, sans aucun traitement
post récolte: il suffit d'abaisser la température à
1°C, et de priver le fruit d'oxygène pour le bloquer. C'est
l'atmosphère contrôlée. Une conservation optimale des pommes demande
une descente en température très rapide. Ainsi l'idéal est de descendre
en dessous de 5°C en 4,5 jours. Le principe de la conservation sous
atmosphère contrôlée est d'équilibrer les taux gazeux : réduire l'oxygène
et augmenter le CO2, cet équilibre permet de stopper l'évolution du
fruit, qui reprendra normalement à la sortie de la chambre. Ces taux
gazeux, la température et le taux d'humidité sont contrôlés chaque
jour afin de garantir une bonne conservation des pommes.
- " Combien de temps peut-on les conserver
chez nous ? "
- Lorsque nous ouvrons la chambre froide en
Atmosphère Contrôlée, la pomme reprend sa respiration
et l'ensemble de ses activités métaboliques, les arômes
vont s'exprimer, le fruit va exprimer son plein potentiel pendant
une vingtaine de jours puis perdre peu à peu de sa turgescence
et de son acidité. Nous vous conseillons d'acheter pour une
semaine seulement, et de conserver dans le bac à légumes
du réfrigérateur
- Les traitements phytosanitaires, les pesticides...
- Il est tout à fait légitime que
beaucoup de questions se posent sur ces sujets... le consommateur est
soucieux de ce qu'il met dans son assiette.
Nous avons pour notre part le sentiment d'avoir
énormément progréssé ces dernières
années, et ce n'est pas fini, nous avons confiance dans les techniques
modernes, la chimie de synthése ne doit pas être rejetée
en bloc, dans bien des cas elle nous apporte une solution alternative
avec un moindre impact sur l'environnement, nous vous proposons quelques
interventions de grande qualité sur ce sujet:
PRIMUM NON NOCERE : La première exigence est de
ne pas nuire
A PROPOS DES PESTICIDES
Les pesticides : protection des cultures pour
une protection du consommateur
Pesticides & environnement
Vers une utilisation raisonnée des pesticides
PLAN DE SURVEILLANCE, PLAN DE CONTRÔLE...
LES RÉPONSES DE LA DGCCRF
AUXILIAIRE, RAVAGEUR... LES RÉPONSES DU CTIFL
- " Est-ce que ce sont des pommes bio ? "
- Non, dans le Limousin, nous avons choisi
une troisième voie, entre l'agriculture conventionelle et le
bio. La stratégie des producteurs limousins est de raisonner les traitements
en respectant l'environnement. Certains insectes utiles peuplent de
nouveau nos vergers, pour les protéger, nous devons utiliser
des produits doux à spectre moins large que les produits conventionnels.
Pour cela, il est parfois nécessaire de multiplier les applications,
mais c'est un moindre impact pour l'environnement: deux traitements
en protection raisonnée aujourd'hui, sont parfois moins agressifs
qu'un seul traitement radical avec les "tue-tout" qu'utilisaient
nos grands pères. Une pomme non traitée risque d'avoir un aspect
peu attrayant pour le consommateur, beaucoup sont aujourd'hui prêts
à l'accepter mais elle sera aussi attaquée par de nombreux
parasites, et notamment le champignon de la tavelure, contre lesquels
la pomme peut réagir en secrétant des substances toxiques pour l'homme,
plus dangereuses que les traitements eux-mêmes.
- " Combien de traitements ont-elles reçu ?
"
- Le pommier est sensible à de nombreux parasites,
insectes et champignons plus particulièrement. Les producteurs respectent
au maximum l'environnement, en employant des produits plus doux que
ceux utilisés il y a quelques années, qui ne détruisent pas la faune
auxiliaire. Par ailleurs, ils mènent une lutte dite intégrée, en introduisant
dans les vergers des acariens prédateurs des parasites, des pièges pour
évaluer les populations d'insectes et ainsi traiter au bon moment,
seulement si le seuil est dépassé. Du fait des stratégies
actuelles, il faut préserver la faune auxiliaire (insectes utiles),
et cela impose l'emploi de produits doux nécessittant plusieurs
passages: souvent on peut dire que 4 traitements d'aujourd'hui sont
moins agressifs qu'un seul d'hier. Car il n'y a pas si longtemps, on
utilisait des produits à large spectre (des "tue tout")
qui étaient rémanents.
Le nombre de traitements n'est donc pas un indicateur
pertinent: la pression sur l'environnement ne se mesure pas en nombre
de traitements.
Dans la mesure ou chaque intervention est raisonnée;
le risque est calculé : on ne peut pas savoir à l'avance
quelles interventions seront nécessaires.
Donner un nombre de traitements moyen cache des
disparités importantes: ce que nous avons cherché ces
dernières années: réduire les traitements rémanents
et tradifs dans la saison: ainsi, bon nombre de nos vergers ne pratiquent
plus d'acaricides: les araignées rouges sont maintenant maitrisées
par les prédateurs (T.Pyri essentiellement) alors qu'autrefois
il était parfois nécessaire d'intervenir en été,
avec des produits à risque de rémanence.
Autre ravageur susceptible d'entrainer des traitements
agressifs : le carpocapse du pommier contre lequel nous progressons
trés rapidement : une part majeure des vergers est désormais
en confusion sexuelle.
On ne peut pas raisonner en nombre de traitements:
un acaricide n'est pas comparable à un fongicide, un insecticide
en préfloral n'est pas comparable à un traitement au calcium
pour la conservation...
Le nombre dépend de la pression du (des) parasite(s)
au verger, qui est fortement lié au climat de l'année.
La pomme peut recevoir un nombre important de
traitements, on cite parfois 32 traitements dans la saison, dont une
part majeure pour lutter contre la tavelure, principal fléau du pommier.
L'essentiel de ces traitements s'arrête au mois de juin, deux
mois avant la récolte, et il s'agit de produits de contact pour
la plupart, qui disparaissent à la première pluie. Nous
contrôlons de façon trés stricte les éventuels
résidus dans les fruits, nous sommes largement conformes. Nous
fournissons d'ailleurs l'industrie du Baby Food qui est particulièrement
exigeante sur ces points.
Chaque produits phytosanitaires fait l'objet
d'une AMM: Autorisation de mise sur le marché, et doit être
employé à une dose précise, avec un nombre de jours
avant récolte défini réglementairement: nous sommes
trés contrôlés sur ces points et nous avons une
parfaite transparence avec les services de contrôle (calendriers
de traitements).
Nous faisons un nombre important d'analyses de
résidus qui montrent que nous sommes trés en deça
des normes de résidus, lorsqu'il y a résidu car le plus
souvent il y a absence totale de traces, du fait du mode d'action des
produits.
L'AOC Pomme du Limousin est la première
à avoir intégré dans son cahier des charges la
prise en compte de l'environnement: dans les années 90 ceci était
jugé "dénué de lien au terroir" donc
anachronique. Pourtant aujourd'hui, la qualité gustative est
indissociable de la qualité sanitaire. Parler de terroir sans
réduire tant que possible l'impact sur l'environnement serait
irresponsable!
En résumé, notre combat est en
partie gagné contre les acariens et les principaux insectes ravageurs.
La vie dans nos vergers est beaucoup plus présente qu'à
une époque ou une dizaine de traitements suffisait: en témoignent
les nichoirs à mésanges, le gibier qui trouve refuge parmi
les pommiers, et aussi de nouveaux insectes que l'on ne connaissait
pas (des punaises, de nouvelles tordeuses). Nous sommes trés
conscients que des marges de progrés importantes demeurent en
matière de lutte contre le champignon de la tavelure: c'est le
défi des 10 prochaines années et le Limousin est bien
placé pour parvenir à mettre en place des solutons alternatives
aux traitements !
- " Peut-on les manger sans les peler ? "
- Absolument, c'est même conseillé,
d'autant plus que la peau contient 4 à 5 fois plus de vitamine C que
la pulpe. Il convient de la laver et de l'essuyer, et vous pourrez la
croquer sans aucun scrupule. En outre, nous pouvons certifier que toutes
les Pommes du Limousin ne reçoivent aucun traitement après récolte,
c'est une condition de production de la Pomme du Limousin AOC..
- " Est-ce que vous arrosez ? "
- Le Limousin n'est pas une région sèche,
la pluviométrie est relativement importante, mais irrégulière. Ainsi,
pendant la période où la végétation a le plus besoin d'eau (de mai
à la récolte), les précipitations sont moins nombreuses et plutôt
orageuses, le sol ne retient alors que peu l'eau. Ainsi, afin de limiter
le stress hydrique qui pourrait être néfaste à la qualité gustative
des pommes, il nous arrive d'irriguer, certaines années, mais les
producteurs raisonnent leur apport d'eau et n'irriguent que lorsque
l'arbre commence à souffrir.
- " Est-il vrai que la pomme permet de lutter
contre le cholestérol ? "
- Oui, la consommation de trois pommes par
jour fait diminuer le taux de cholestérol. Mais elle possède également
d'autres atouts : elle est entre autres hydratante (elle contient
86% d'eau), diurétique et énergétique (elle possède des sucres rapidement
assimilables et des vitamines).
- " Où peut-on en acheter ? "
- Nous avons à votre disposition la liste des
points de vente sur Paris et la Région Parisienne,
vous en trouverez aussi bien dans des supermarchés que chez des détaillants
ou sur les marchés.
- " Quelle est la meilleure période pour en
acheter ? "
- La Pomme du Limousin se retrouve sur les
étals de novembre jusqu'en août, avec toujours les mêmes qualités
gustatives.
- " Comment reconnaît-on des Pommes du Limousin
? "
- Les Pommes du Limousin se reconnaissent par
leur forme légèrement allongée, leurs lenticelles (pores) plus rugueuses
que les Golden d'origine différente. Par ailleurs, sur l'étal, la Pomme
du Limousin est identifiée par un sticker indiquant son origine Limousin
ou une marque commençant ou finissant par LIM pour LIMOUSIN. Quelques
exemples de marques : Golden du Limousin, Perlim, Limdor, Meylim, Monoprix
Gourmet Golden du Limousin. Mais d'autres marques proviennent également
du Limousin : Pom'Padour, Margote, Dame Saveur, Altide, Pom'87, Cora
l'engagement dès l'origine (Limousin). D'ici quelques mois, le sticker
"AOC Pommes du Limousin" apparaîtra sur les pommes.
- " J'ai lu que vous aviez l'AOC, est-ce que
c'est vrai ? "
- Grande première dans le monde de la Pomme,
la démarche d'obtention de l'AOC " Pomme du Limousin " vient d'aboutir.
Le 17 juin 2004, le Comité National des Produits Agroalimentaires de
l'Institut National des Appellations d'Origine (INAO) a approuvé la
reconnaissance de l'AOC Pomme du Limousin. Elle est désormais la 1ère
pomme AOC, preuve de sa différence et de l'impact du terroir limousin
(l'altitude, la géologie, le climat, les hommes) sur la typicité des
pommes qui en sont issues. Le 26 novembre dernier, le texte du décret
relatif à l'agrément des Pommes du Limousin en AOC a été signé par le
1er ministre ainsi que par l'ensemble des ministres concernés par le
dossier. La parution de ce texte au Journal Officiel va ainsi rendre
possible la commercialisation de la 1ère pomme AOC, l'AOC Pomme du Limousin
!
- " Toutes vos pommes pourront être AOC ? "
- Seules les pommes respectant le cahier des
charges établi par le Syndicat de Défense des Pommes du Limousin,
pourront être emballées en AOC. Ainsi, plusieurs critères entrent
en jeu dont : la géologie (socle cristallin), l'altitude (> 300 m),
l'usage de la production pomicole sur la commune, les analyses de
fermeté, acidité et sucres.
- " Qu'est-ce que vous espérez de l'AOC " Pommes
du Limousin " ? "
-Notre production est mélangée
bien souvent à des productions de masse. Or notre produit se
démarque des autres Golden par ses qualités gustatives, dues au terroir
limousin. Nous sommes donc persuadés que la Pomme du Limousin mérite
de se différencier des autres pommes par un signe officiel de qualité,
l'AOC.
- " Avez-vous des recettes ? "
- Nous avons à votre disposition différentes
recettes, tant salées que sucrées, concoctées par notre cuisinier
régional, Monsieur Charlou REYNAL : Salade de la mer aux Pommes du
Limousin Marbré de Pommes du Limousin et de foie gras Douillons aux
Pommes du Limousin Magret de canard aux Pommes du Limousin Sablés
au granité de Pommes du Limousin et aux Noix du Périgord Crème brûlée
aux Pommes du Limousin La Pomme du Limousin s'apprécie aussi bien
crue, à croquer, que cuite, en dessert ou en accompagnement de viande
ou poisson. Bon Appétit.
PRIMUM NON NOCERE
Manger des fruits et légumes, c'est prendre
soin de sa santé, personne n'en doute plus et le Programme National
Nutrition Santé est là pour nous en convaincre. Quels fruits ? Quels
légumes ? Toutes les enquêtes épidémiologiques démontrant leurs effets
bénéfiques sur les maladies cardiovasculaires, les cancers, l'arbre
respiratoire, le diabète, l'obésité, le surpoids, l'ostéoporose et
les maladies neuro-dégénératives ont été réalisées avec des fruits
et légumes tels que ceux que vous et moi achetons dans nos magasins
et consommons journellement . Ce bénéfice santé lié aux fruits et
aux légumes exige de l'ensemble des partenaires de la filière, des
producteurs aux détaillants, mais aussi des médecins, des scientifiques
et des instances politiques en charge de la santé, que les produits
fournis soient les mieux adaptés aux consommateurs. Il faut que ceux-ci
y aient facilement accès : abondance du marché et coûts acceptables
par tous. La première exigence est de ne pas nuire : "primum non nocere"
comme disait déjà Molière. Des bonnes pratiques agricoles ont donc
été développées et l'utilisation de pesticides pour lutter contre
les ravageurs et les maladies des cultures a été strictement réglementée,
afin de ne pas nuire à la santé des consommateurs et de protéger l'environnement.
De nouvelles méthodes culturales d'agriculture raisonnée se développent.
A titre d'exemple, grâce à un précieux auxiliaire, le macrolophus
(petit insecte), la production de tomates peut désormais être réalisée
sans aucun ajout de pesticides. Ce spécial Pesticides fait le point
sur l'ensemble des méthodes qui permettent de mettre à la disposition
des consommateurs des fruits et légumes appétissants, sains et pleins
de goût, gages de santé et de plaisir.
Dr Andrée Girault Présidente du Comité Scientifique d'APRIFEL
A PROPOS DES PESTICIDES DANS LA PRESSE EN AOÛT
2001
Le 7 août 2001, la presse s'est largement fait
l'écho d'une dépêche de l'AFP sur les pesticides, divulguant une mauvaise
interprétation d'une étude publiée par la division santé de la Commission
Européenne, qui compilait les différents plans de surveillance de
résidus de pesticides de l'ensemble des états membres, pour l'année
1999. Il nous appartient d'apporter un réel éclaircissement aux nombreuses
questions soulevées par cette polémique. Point
de départ de cette confusion : une erreur de présentation des résultats
dans l'étude européenne ainsi qu'une mauvaise interprétation statistique
basée sur des données paneuropéennes non comparables. De nombreux
articles ont repris l'information erronée selon laquelle plus de 8%
des fruits et légumes en France contenaient des taux de résidus de
pesticides supérieurs à la réglementation et que ceci présentait un
danger pour le consommateur. Ceci est faux : d'une part, le ministère
de l'agriculture, ainsi que la direction des fraudes (DGCCRF), estiment
qu'en France les traces de résidus de pesticides dépassant les LMR
sont inférieures à 2%, ce qui est très nettement inférieur aux 8%
publiés dans la presse. D'autre part, un dépassement de LMR ne signifie
pas un danger pour le consommateur. En effet, les pesticides constituent
un exemple remarquable de l'application maximum du principe de précaution
(voir article du Pr Périquet - Les pesticides : protection des cultures
pour une protection du consommateur), et la LMR (limite maximale de
résidu) est un outil indispensable et essentiel pour la mise en place,
le suivi et le contrôle rigoureux de la politique de santé publique
en la matière. Le chiffre de 8% de dépassement de LMR pour la France,
publié dans le rapport européen, reflète, en réalité, le pourcentage
de dépassement constaté par la DGCCRF à partir de plans de contrôles
spécifiques sur des produits suspects. Il s'agissait pour l'essentiel
du poivron d'origine espagnole. En effet, en janvier 99, la LMR sur
le méthamidophos utilisé pour la protection des cultures du poivron
pour lutter contre les mouches blanches, a été divisée par 100, l'abaissant
à sa limite de détection. Cette modification a été mise en place sans
préavis et avec application immédiate, les producteurs espagnols n'ont
bien évidemment pas été en mesure d'intégrer cette nouvelle donne
dans leurs modes de production d'automne 1998. Conscients de ce problème,
les agents de la DGCCRF ont concentré leurs contrôles sur l'ensemble
des importations de poivron d'Espagne, et ont évidemment constaté
de nombreux dépassements par rapport à la toute nouvelle LMR.
Il s'en est immédiatement suivi le retrait
des marchandises du marché et la mise en place d'un certificat d'autorisation
d'exporter délivré par les autorités espagnoles. La situation a pu
revenir à la normale sur le poivron, quelques semaines plus tard,
appuyée par la grande vigilance des importateurs français, qui ont
eux-mêmes multiplié les contrôles systématiques. Ceci est le reflet
du bon fonctionnement du principe de précaution mis en place sur les
pesticides. Le pourcentage élevé de 8% prouvait, si besoin, non pas
une présence élevée de pesticides dans les fruits et légumes mais,
bien au contraire, traduit une politique de contrôle renforcée sur
les produits impliqués. L'erreur provient de la transmission par les
autorités françaises de statistiques additionnant les résultats des
plans de surveillance routiniers avec les plans de contrôles renforcés
ciblés ; puis de la comparaison par l'Union Européenne des résultats
français avec ceux des autres pays n'ayant pas fait cet amalgame.
L'harmonisation des consolidations statistiques au niveau européen
s'impose. Suite à la polémique que ceci a entraîné en août dernier,
la DGCCRF s'est déjà engagée pour l'avenir à se caler sur ses homologues
européens, afin que de mauvaises interprétations soient évitées.
Laurent Damiens Directeur d'APRIFEL
Les pesticides : protection des cultures pour
une protection du consommateur
Voici à nouveau les produits phytosanitaires
sur le devant de la scène médiatique, c'est un phénomène périodique
mais qui semble cette fois se manifester avec davantage d'insistance
depuis la publication par la Direction de la Santé et de la Protection
des Consommateurs de la Commission Européenne (DG SANCO) au mois de
juin dernier des résultats de 17 évaluations nationales (15 états
de l'Union plus la Norvège et l'Islande) effectuées en 1999 concernant
les résidus de produits de protection des plantes dans les denrées
d'origine végétale (fruits, légumes et céréales). Ce rapport met à
l'index la France en la plaçant au rang des mauvais élèves avec un
taux d'échantillons non conformes de 8% (dépassement des limites maximales
de résidus - LMR autorisées) soit environ deux fois supérieur à la
moyenne européenne. Ces résultats, considérés en première analyse,
sont assez surprenants et peuvent inquiéter légitimement les producteurs
et les consommateurs. Il convient cependant de ne pas céder à la psychose
et d'indiquer que lorsqu'un produit phytosanitaire est autorisé à
être mis sur le marché, c'est après un examen de passage extrêmement
sévère, notamment en ce qui concerne les risques toxicologiques et
que si les Bonnes Pratiques Agricoles Critiques sont respectées, la
sécurité des du consommateur est assurée au mieux, en l'état actuel
des connaissances scientifiques, tout en ayant présent à l'esprit
que le risque zéro n'existe pas. Le Dossier d'Homologation L'autorisation
de mise sur le marché (AMM) d'un produit à usage phytosanitaire est
demandée par le manufacturier aux diverses instances nationales, européennes
ou internationales après constitution d'un dossier de demande d'homologation
qui doit argumenter en particulier deux rubriques : l'efficacité et
l'innocuité.
Ce dossier doit apporter la preuve que le produit
est efficace sur le ou les ravageurs visés sur la ou les cultures
pour lesquelles l'usage est demandé et dans des conditions d'utilisation
précises. Ces éléments constituent le dossier biologique qui est examiné
en France par le Comité d'Homologation constitué d'experts et de représentants
des Ministères. Ce dossier doit également comporter tous les éléments
prouvant l'innocuité du produit : c'est le dossier toxicologique qui
doit comporter toutes les données concernant l'identité et les propriétés
physico-chimiques de la molécule, le détail des études des toxicités
aiguë, à moyen et long terme, les effets spécifiques sur la santé,
des études de métabolisme dans divers milieux, d'écotoxicité, d'évaluation
des niveaux résiduels dans les denrées, etc. Ce dossier est examiné
par la Commission dite des Toxiques, plus spécialement chargée des
produits phytosanitaires. Après examen des dossiers et concertation
des deux instances, le résultat est notifié au pétitionnaire sous
la forme d'un refus (retrait), d'un maintien en étude sans autorisation
de vente, d'une autorisation provisoire de vente, ou d'une homologation.
Au niveau européen, c'est la Directive 91/414 relative à la mise sur
le marché des produits phytosanitaires (15 juillet 1991), qui établit
la liste positive des matières actives autorisées dans la Communauté
Européenne (Annexe I : liste - Annexe II : les dossiers - Annexe III
: homologation des spécialités au niveau national avec principes uniformes,
reconnaissance mutuelle des essais, comparabilité des conditions et
possibilité d'autorisation provisoire nationale pour certains états
membres). Cette Directive, entrée en vigueur en juillet 1993, s'applique
à toute substance nouvelle, c'est à dire non autorisée dans au moins
un état membre et s'applique rétroactivement aux substances anciennes
(déjà autorisées) dans le cadre d'un programme de révision des substances
existantes actuellement en cours (achèvement prévu en 2003).
Cette dernière exigence aura en outre le mérite
de " faire le ménage " parmi les matières actives peu ou pas utilisées
actuellement. La Communauté Européenne a considérablement renforcé
les exigences relatives aux résidus et elles doivent figurer dans
le dossier d'homologation, il s'agit en particulier pour le pétitionnaire
de fournir des données concernant : - La nature et la quantité du
résidu dans les végétaux traités, - La nature et la quantité du résidu
dans les aliments d'origine animale, - Les effets de la transformation
industrielle et /ou des préparations domestiques, - Les résidus dans
les cultures suivantes, - Une proposition de définition du résidu
réglementé et de LMR, - Une proposition de délai d'attente entre le
dernier traitement et la récolte, - L'estimation de l'exposition potentielle
ou réelle des consommateurs. Il apparaît donc à l'évidence que le
dossier d'homologation déjà très argumenté a considérablement augmenté
ses exigences en particulier celles concernant les données toxicologiques
et les résidus dans les denrées alimentaires. Les limites maximales
de résidus (LMR) La définition de résidu a été précisé par la Directive
90/642 CEE du 27 novembre 1990, puis traduite en droit français par
l'arrêté du 5 août 1992 qui applique ce terme non seulement aux reliquats
de la matière active, mais aussi, le cas échéant, aux produits de
métabolisation, de dégradation ou de réaction. La LMR est un paramètre
réglementaire que l'on pourrait assimiler à la quantité maximale de
résidu d'un produit donné qui ne doit pas être dépassée dans une denrée
alimentaire donnée.
Elle est proposée par le pétitionnaire dans
le dossier d'homologation à partir d'études réalisées sur chaque culture
pour laquelle un usage est sollicité, dans des conditions d'application
et de prélèvements correspondants aux Bonnes Pratiques Agricoles Critiques,
en nombre suffisant, bien dispersés dans le temps et dans l'espace.
Après évaluation des résultats de ces études, un calcul statistique
permet de calculer une LMR pour chaque culture faisant l'objet d'une
autorisation d'usage. En France, la LMR proposée était examinée par
la "Commission des Toxiques" qui la transmettait à la DGCCRF qui la
soumettait au Conseil Supérieur d'Hygiène Publique de France (AFSSA
maintenant) et à l'Académie Nationale de Médecine, après ces divers
avis elle était publiée au JO sous forme d'arrêté. La Commission Européenne,
à propos des LMR, a également renforcé les exigences réglementaires
notamment en ce qui concerne l'harmonisation des LMR entre les états
membres, la fixation des LMR dans les produits transformés et dans
les produits destinés à l'alimentation des nourrissons et enfants
en bas âge. L'harmonisation des LMR au niveau communautaire est un
processus initié il y a plus de 20 ans et qui se poursuit actuellement.
Cette situation transitoire se traduit par l'existence de deux systèmes,
l'un " semi-facultatif " dans lequel les LMR nationales sont supérieures
ou égales aux LMR communautaires, l'autre dit " obligatoire ", dans
lequel les LMR nationales sont identiques aux LMR communautaires et
qui supplantera à terme le premier système.
Ces données sont mentionnées dans les Directives
76/895 modifiée 97/41 (fruits et légumes), 86/362 modifiée 97/41 (céréales),
86/363 modifiée 98/82 (aliments d'origine animale) , 90/642 modifiée
98/82 (fruits et légumes et végétaux divers), 91/321 modifiée 99/50
(préparations pour nourrissons) et 96/5 modifiée 99/39 (préparations
à base de céréales et aliments pour bébés). Les LMR fixées sous les
Directives 76/895 - 86/362 - 86/363 et 90/462 s'appliquaient aux produits
frais, aux produits réfrigérés / congelés non cuits assimilés aux
produits frais, aux produits séchés (fruits, légumineuses, thé, houblon)
sans précision du facteur de concentration. Dorénavant l'existence
d'une LMR pour produits frais légalise les résidus dans les produits
transformés qui en dérivent, la LMR pour produits transformés sera
déduite de la LMR pour produits frais, compte tenu des facteurs de
concentration / dilution inhérents aux procédés et de la proportion
du produit frais qui entre dans la préparation composite. La réglementation
européenne va plus loin en matière de résidus dans les denrées transformées
et demande que soient apportés des informations sur les effets des
préparations domestiques et des transformations industrielles sur
la nature et l'importance des résidus et sur la possibilité de formation
de " néo-résidus ", toxicologiquement significatifs, pouvant relever
d'une évaluation spécifique du risque lié à leur présence. On le voit,
les exigences sont accrues puisque dans le dossier d'homologation
devront figurer des informations sur le devenir des résidus au cours
des procédés de transformation, qu'il s'agisse des substances nouvelles
ou déjà homologuées avec la prise en compte de la formation éventuelle
de néo-résidus.
En ce qui concerne l'alimentation infantile,
les amendements 99/39 et 99/50 aux Directives précitées ont été transposés
dans le droit des Etats Membres depuis le 30 juin 2000 et l'interdiction
du commerce des produits non conformes entrera en vigueur le 1er juillet
2002. Ces Directives fixent pour les préparations à base de céréales
et pour les aliments pour bébés destinés aux nourrissons et aux enfants
en bas âge et pour les préparations pour nourrisson et préparations
de suite, une LMR arbitraire et uniforme de 0,01 mg/kg pour toutes
les substances sauf pour les substances bénéficiant d'une limite spécifique
et pour les substances ne devant pas être utilisées sur les produits
agricoles destinés à la préparation des aliments concernés. On peut
noter ici aussi que cette exigence est sévère puisque dans beaucoup
de cas la valeur de 0,01 mg/kg est égale ou proche de la limite de
détection analytique. La dose journalière admissible (DJA) Les produits
phytosanitaires sont des biocides destinés à tuer ou à stopper le
développement des ravageurs. Ils agissent sur les organismes cibles
grâce à des mécanismes d'action divers et nombreux : inhibition d'enzymes
impliquées dans la neurotransmission ou la signalisation hormonale,
blocage de voies métaboliques, inhibition de la synthèse des protéines
et des acides nucléiques, interférence dans le processus photosynthétique,
etc... De ce fait, ils peuvent avoir des effets sur les organismes
non-cibles relevant du même mécanisme d'action ou présenter d'autres
effets qualifiés de secondaires et ne relevant pas de ce mode d'action.
Il faut donc connaître tous ces effets toxicologiques et c'est le
but des études de toxicité qui constituent le dossier toxicologique
dont nous avons déjà parlé.
Nous n'insisterons jamais assez sur la complexité
de ces études qui sont très exhaustives, il n'est pas possible de
les détailler dans ce contexte, mais à l'issue de ces études - avec
les connaissances scientifiques actuelles et les moyens d'investigation
disponibles à ce jour - le "profil toxicologique" complet du produit
doit être connu dans tous ses aspects : toxicité aiguë, subchronique,
chronique, effet tératogène et sur la reproduction, mutagénèse, cancérogénèse,
génotoxicité, impact sur les cellules, tissus, organes et systèmes,
etc. A partir de l'ensemble de ces données toxicologiques, on dégage
un paramètre essentiel la Dose Journalière Admissible que l'on peut
définir par la dose de produit qu'un individu peut ingérer chaque
jour pendant toute sa vie sans qu'il en résulte d'inconvénient pour
sa santé. Elle s'exprime en poids de substance par unité de poids
corporel (ex : mg/kg). Elle est bien évidemment déduite d'expérimentations
animales qui permettent de déterminer une DJA chez l'animal. Cette
valeur est extrapolée à l'Homme par application d'un premier facteur
de sécurité fixé à 10 et qualifié d'interspécifique (changement d'espèces
animal / homme) puis d'un deuxième facteur de sécurité également fixé
à 10 et qualifié d'intraspécifique pour tenir compte de l'extrême
variabilité individuelle de l'espèce humaine ; la DJA chez l'Homme
est donc déduite de la DJA établie chez l'animal en divisant cette
dernière par un facteur de sécurité de 100, lequel n'est pas immuable
puisqu'il est modulable en fonction des données scientifiques. Il
n'est pas rare du tout de voir ce facteur porté à 500 par exemple
si le produit présente une forte toxicité, à 1500 si le produit possède
des propriétésmutagènes et même à 5000 s'il y a un doute sur sa non-cancérogénicité.
Même si cette notion de DJA, sous certains
de ses aspects, peut être criticable, elle nous semble constituer
un élément important dans l'évaluation du risque et contribuer à la
protection de la santé du consommateur. Evaluation du risque pour
le consommateur La notion que le risque est différent du danger et
que le risque c'est le danger associé à l'exposition doit être présente
dans l'esprit du consommateur. L'analyse du risque s'effectue en deux
étapes : 1. Evaluer l'exposition 2. Confrontation à la limite toxicologiquement
acceptable En ce qui concerne l'évaluation de l'exposition aux produits
phytosanitaires, elle intègre les données de consommation alimentaire
(enquêtes INSEE, OCA, INCA, etc.) et les teneurs en résidus des denrées
alimentaires. En combinant ces deux éléments on peut connaître la
quantité de résidus ingérée quotidiennement par le consommateur moyen,
si l'usage du produit est autorisé sur plusieurs cultures, l'exposition
est la somme des expositions calculées pour chaque denrée. On peut
également prendre en compte l'exposition via les denrées d'origine
animale s'il y a lieu et l'exposition par les vecteurs non alimentaires.
Ensuite il suffit, si l'on peut dire, pour avoir une idée du risque,
de comparer ces valeurs d'exposition à la limite toxicologiquement
acceptable en se référant par exemple à la DJA, ou à l'apport journalier
maximum tolérable (AJMT). (Exemple : 10 à 20% de la DJA = pas de risque
- au voisinage de la DJA = à surveiller - dépassement de la DJA =
risque non acceptable). A partir de là, des décisions peuvent être
envisagées en matière de santé publique et des actions correctives
engagées.
Dans cette approche d'évaluation du risque,
les données de consommation alimentaires sont nombreuses et bien détaillées
notamment dans les enquêtes citées précédemment. Plus difficiles à
obtenir sont les valeurs de résidus de produits phytosanitaires réellement
représentatives tant les données sont disparates, de sources diverses,
dépendantes des méthodes d'échantillonnage, de prélèvements et analytiques
et de l'expression de résultats. Il est évident que dans ce domaine
et en France en particulier un effort de clarification, d'harmonisation,
de compilation, de concertation et d'accessibilité aux données est
à faire, cela permettrait sans doute de progresser dans le domaine
et éviterait certains désagréments. Cette difficulté est tellement
vraie que les enquêtes effectuées (OCA/ CNERNA / CREDOC 1994 - CSHPF
1996) concernant la surveillance des résidus de produits phytosanitaires
dans les fruits et légumes et les produits destinés à l'alimentation
des nourrissons et enfants en bas âge ont utilisé comme teneur résiduelle
la totalité de la LMR afin de se placer dans une hypothèse maximaliste
qui est exagérée par rapport à la réalité. Les conclusions de ces
études réalisées dans un contexte maximaliste sont rassurantes puisque
sur le nombre de molécules "surveillées" (180 environ) seul un petit
nombre d'entre elles sont susceptibles - théoriquement - de dépasser
la DJA, la grande majorité se situant à un pourcentage faible de la
DJA.
Conclusions Dans le contexte actuel, les grandes
interrogations que semblent suscitées les produits phytosanitaires
paraissent injustifiée quand on a conscience de ce que représente
un dossier d'homologation notamment dans sa partie évaluation de la
toxicité vis-à-vis de l'Homme et de l'Environnement, et en matière
de résidus dans les denrées alimentaires. L'évolution de la réglementation
européenne va également dans le sens d'un renforcement de la sécurité
du consommateur en mettant en place de nouvelles contraintes auxquelles
devront se soumettre les manufacturiers ; les plans de surveillance
des denrées mis en place (DGAL, DGCCRF, SPV) ainsi que les plans de
contrôle (DGCCRF), les études prospectives qui tentent d'évaluer et
d'analyser les risques sont autant d'éléments sécurisants. Les produits
phytosanitaires ne sont pas dénués de danger, mais il faut les maîtriser
au mieux à l'aide de tous les moyens qu'offre aujourd'hui la science.
Le problème avec ces produits, au travers de la consommation alimentaire,
est qu'il s'agit d'une exposition longtemps répétée à des doses faibles
voire très faibles et dans ces conditions les outils expérimentaux
peuvent présenter des limites. Il faudrait pouvoir disposer de données
épidémiologiques extrêmement sérieuses pour voir s'il existe un lien
entre diverses pathologies (maladie de Parkinson, leucémie, cancers,
stérilité et perturbations endocriniennes) et l'exposition alimentaire
ou professionnelle à ces produits.
Les études existant actuellement sont trop
parcellaires et concernent des cohortes trop réduites et ne permettent
pas de conclure de façon pertinente. La rumeur persistante selon laquelle
ces produits "pesticides" seraient la cause de bien de nos maux ne
me semble pas fondée et l'idée qu'il faudrait cesser du jour au lendemain
de les utiliser me semble pour le moins prématurée. Il ne faut pas
oublier que ces produits peuvent éviter aux denrées alimentaires bon
nombre de préjudices sanitaires (infestations bactériennes ou par
des champignons mycotoxinogènes), organoleptiques et altérations des
propriétés technologiques et que leur apport en santé humaine a été
considérable (paludisme...), même si leur utilisation, peut être un
peu irraisonnée à certaines périodes, a pu engendrer des phénomènes
de résistance qui sont un réel problème. En outre, il est clair que
l'utilisation de ces produits permet d'assurer une production des
denrées alimentaires à un niveau très nettement supérieur à celui
qu'il pourrait être sans le recours aux traitements des cultures,
et on peut facilement imaginer de telles conséquences, déjà, dès les
années 50 on parlait de chaos et de famine (N. Borlang, Prix Nobel
d'agronomie, René Dubos, précurseur de l'écologie) et le problème
se poserait de la même façon aujourd'hui même si la lutte biologique
ne cesse de progresser. Ce qu'il faudrait lorsqu'on aborde ces problèmes,
c'est bien évaluer l'équation risques / bénéfices et pas seulement
dans le cadre des pays industrialisés ; ce qu'il faudrait également
c'est que le recours aux produits phytosanitaires perde de son exclusivité
et qu'il devienne le complément des moyens culturaux et agronomiques
au sein d'une lutte intégrée et raisonnée contre le parasitisme des
cultures.
Pr Alain Périquet - Equation-Nutrition n°18 (APRIFEL) - Septembre
2001 Université Paul Sabatier Toulouse - Président du Comité Sécurité
Alimentaire d'APRIFEL >
Pesticides & environnement
L'utilisation des produits phytosanitaires
est une caractéristique mondiale des pratiques agricoles et du contrôle
des organismes nuisibles. Cependant, l'emploi des pesticides en agriculture,
bien que nécessaire pour la protection des cultures contre les ravageurs
et les maladies et dans un but d'un rendement optimal de production
mais aussi de protection des récoltes, s'accompagne dans un certain
nombre de cas d'effets indésirables vis à vis d'organismes non cibles.
Si depuis de nombreuses années les risques potentiels liés à l'utilisation
de pesticides ont principalement concerné la mise en place de mesures
réglementaires visant à la protection de la santé humaine, du consommateur
et du travailleur, les impacts sur l'environnement font actuellement
l'objet des préoccupations de tous.
S'il est clair et bien établi que les pesticides
présentent un danger pour les organismes vivants au sein de l'environnement,
les inquiétudes sont dues d'une part au passage possible des pesticides
du sol vers les végétaux avec un risque potentiel pour le consommateur
et, d'autre part, à la contamination des nappes phréatiques et des
eaux superficielles et souterraines. Comme pour l'ensemble des substances
chimiques mises sur le marché, les pesticides font l'objet d'une évaluation
de leur écotoxicité qui repose en partie sur la mesure des effets
toxiques qu'ils sont susceptibles de provoquer sur des organismes
non cibles, selon la directive européenne 91/414/CEE. En effet, quels
que soient les modes de contaminations du milieu récepteur (sol, eau,
air), les conséquences de l'utilisation de pesticides doivent être
évaluées en terme d'effets sur l'environnement.
Ces effets seront dus à la toxicité directe
des substances biodisponibles sur les organismes cibles et non cibles
et/ou pourront résulter de causes indirectes telles que la disparition
d'espèces clés ou l'élimination de prédateurs par exemple. Ils seront
à terme susceptibles d'entraîner une modification des équilibres écologiques,
une diminution de la productivité de l'écosystème, une altération
des capacités de reproduction de certaines espèces, voire la disparition
des espèces les plus sensibles. C'est dans cette optique et pour limiter
au maximum les risques pour l'environnement et par conséquence pour
l'homme qu'il est indispensable d'évaluer les dangers potentiels des
pesticides pour l'environnement. La directive 91/414/CEE fixe des
exigences réglementaires par le biais d'un dossier écotoxicologique
qui vise à préciser le devenir et le comportement d'un pesticide dans
les différents compartiments environnementaux que sont l'eau, l'air
et le sol. Cependant, les études réalisées portent principalement
sur les faunes terrestre et aquatique, le sol et l'eau, le compartiment
aérien disposant d'encore peu de méthodes normalisées.
Le sort et le comportement de la molécule (vitesse
et voie de dégradation, absorption/désorption, mobilité) font l'objet
d'études au niveau du sol et du compartiment aquatique. Au niveau
du compartiment aérien, seules la vitesse et les voies de dégradation
sont évaluées. En ce qui concerne la faune et la flore, des bioessais
d'écotoxicité sont réalisés à l'aide de protocole normalisés sur des
espèces modèles utilisées en laboratoire et qui sont représentatives
des différents niveaux trophiques de l'écosystème. Les organismes
étudiés sont les oiseaux, les poissons, les invertébrés aquatiques,
les algues, les vers de terre, les abeilles et les micro-organismes.
Les informations obtenues lors des essais de laboratoire sont des
données de toxicité aiguë, de toxicité chronique et des effets sur
la croissance et la reproduction. Les résultats de ces bioessais,
comparés aux concentrations prévisibles dans l'environnement (évaluées
à l'aide de modèles mathématiques) permettent d'évaluer les risques
potentiels des pesticides sur l'environnement et de prendre les mesures
adaptées pour limiter les risques voire interdire l'utilisation d'une
molécule présentant une nocivité trop importante pour l'environnement
et les espèces vivant au sein de l'écosystème. La mise en place et
le développement de l'utilisation des biomarqueurs, véritables signaux
d'alarmes précoces et sensibles capables d'avertir des risques environnementaux
avant que des dommages irréversibles ne se soient produits, associés
au développement de microcosmes et mésocosmes, écosystèmes de laboratoire
et d'extérieur simplifiés, sont des progrès importants qui permettent
de mieux appréhender le comportement, le devenir et l'impact de pesticides
sur l'environnement.
Ces outils permettront de disposer de données
complémentaires intégrant la complexité du fonctionnement d'un écosystème.
C'est l'utilisation d'approches complémentaires (bioessais, biomarqueurs,
microcosmes et mésocosmes) qui permettra d'évaluer au plus juste les
dangers et les risques pour l'environnement afin de prendre les mesures
nécessaires en vue d'une limitation des risques et de la contamination.
L'utilisation de pesticides essentiellement en agriculture, mais également
pour l'élevage (traitements antiparasitaires), la protection des denrées
stockées, le traitement du bois ou encore pour la lutte contre les
insectes vecteurs de maladies reste à l'heure actuelle une nécessité,
même si l'utilisation intensive des années passées a entraîné des
problèmes de résistance des espèces traitées, une contamination des
végétaux et de l'environnement en général. Il faut également garder
à l'esprit que c'est l'utilisation de techniques toujours plus performantes
et sensibles qui permettent de détecter des teneurs en pesticides
dans les végétaux, les sols, les nappes phréatiques et les denrées
alimentaires qui seraient probablement passées inaperçues auparavant.
Les données d'écotoxicités obtenues à l'aide des bioessais, même si
elles reflètent surtout les effets des pesticides à court terme sur
les écosystèmes permettent d'évaluer au plus juste les risques dus
à l'utilisation des pesticides. La mise en place d'une agriculture
raisonnée, la diminution de l'utilisation des pesticides d'un point
de vue quantitatif et qualitatif associées à une réglementation toujours
plus exigeante et à une gestion des risques permettra dans un avenir
proche de limiter la pollution de l'environnement et par voie de conséquence
les effets potentiels pour l'homme.
Dr Carole Leguille - Equation-Nutrition n°18 (APRIFEL) - Septembre
2001 Université de Metz - Ecotoxicologue du Comité de sécurité alimentaire
de l'APRIFEL
Vers une utilisation raisonnée des pesticides
"Arracher sa nourriture aux espèces qui la
lui disputent", telle est la lutte permanente menée par l'homme depuis
qu'il est devenu agriculteur. En effet l'homme a toujours cherché
à préserver ses récoltes de ses ennemis les prédateurs. Cependant,
les résultats étaient assez maigres puisque plus de la moitié de la
production pouvait être détruite. Pendant une période assez longue,
les moyens de lutte étaient uniquement physiques et mécaniques, puis
la découverte empirique de l'efficacité de certaines substances naturelles
(cyanure, arsenic) a été mise à profit. A côté de ces moyens de lutte
naturels, les premiers insecticides industriels sont apparus à la
fin du XIXe siècle ; ils étaient essentiellement à base de sels minéraux
(sulfate de fer, sulfate de cuivre).
C'est au XXe que l'industrie chimique s'est
développée et que sont apparues des molécules organiques complexes
très efficaces contre les différents ennemis des cultures. Ainsi,
le développement d'une agriculture intensive a pu voir le jour et
a permis l'accroissement des rendements agricoles pour mettre fin
à la pénurie alimentaire et faire face aux besoins en nourriture de
la population mondiale croissante. En 1956, la lutte biologique revient
sur le devant de la scène avec la création de la commission internationale
de lutte biologique (CILB) qui se transformera en 1965 en organisation
internationale de lutte biologique. L'idée de lutte intégrée émerge,
elle prend en compte la biologie des espèces à contrôler en évitant
de nuire à leurs prédateurs naturels au travers de traitements chimiques
mal positionnés. C'est ainsi qu'en 1969, on assiste au retrait d'homologation
de certains insecticides organochlorés tels que le DDT qui avait rendu
d'énormes services à l'humanité. Cette même année, la réglementation
se renforce sous l'influence d'associations de consommateurs et de
protection de la nature, d'universitaires et de journalistes. Depuis,
les progrès réalisés dans les différentes disciplines sur lesquelles
s'appuie la toxicologie alimentaire ont permis de développer un système
cohérent d'évaluation de la toxicité des pesticides qui limite considérablement
la probabilité de risque pour le consommateur. La maîtrise de ce risque
repose sur différents facteurs : - Une évaluation toxicologique complète
(voir article A. Périquet - Les pesticides : protection des cultures
pour une protection du consommateur), préalable à la mise sur le marché
de toutes les substances utilisées dans le domaine de la production
végétale, prenant en compte non seulement les effets directs par la
voie alimentaire mais également les effets indirects via l'environnement.
-
Une mise au point de nouvelles molécules spécifiques
plus actives à des doses plus faibles et plus spécifiques vis à vis
des cibles d'action, laissant moins de résidus dans les denrées et
réduisant les incidences environnementales. - Une mise en -uvre des
bonnes pratiques agricoles dont le respect conduit quasi systématiquement
au respect des limites maximales de résidus. - Le développement de
nouvelles méthodes culturales visant à limiter l'utilisation des pesticides.
La présence aussi limitée soit elle de résidus de pesticides dans
les denrées alimentaires est une conséquence normale de leur utilisation.
Cependant, les progrès de l'évaluation toxicologique font qu'il est
possible de fixer des conditions d'utilisation telles que les niveaux
résiduels soient parfaitement acceptables. La tendance actuelle s'oriente
vers la recherche de molécules actives dont la structure est analogue
à celle des molécules pesticides végétales naturelles. Cependant ces
pesticides naturels sont très difficiles à extraire industriellement
et sont généralement peu stables. Par ailleurs, les méthodes d'analyses
des résidus se sont considérablement perfectionnées, et permettent
de détecter des doses très faibles. Si nous devons nous féliciter
de ces évolutions techniques et scientifiques, il est par ailleurs
indéniable qu'aucun dosage, si fin soit-il, ne peut se substituer
à une évaluation toxicologique car la présence d'un toxique ne signifie
pas toxicité. L'activité humaine dans un monde moderne génère par
définition des nuisances qu'il faut obligatoirement maîtriser. Pour
cela il nous faut en connaître de manière précise la nature, disposer
des moyens de contrôle et remédier à tous leurs effets et surtout
quand cela est possible en éliminer les causes.
On comprend aisément la complexité de l'agriculture
moderne qui vise à la fois la qualité du produit et la protection
de l'environnement. Depuis une dizaine d'années, la filière fruits
et légumes frais développe une agriculture raisonnée qui concilie
qualité du produit, rentabilité économique et problématique écologique.
L'agriculture raisonnée se situe entre l'agriculture conventionnelle
dite intensive et l'agriculture biologique. Elle prend en compte à
la fois les intérêts économiques de la France, celle des producteurs,
et des consommateurs en matière de résidus et d'environnement et combine
tous les moyens de lutte disponibles. Cette démarche est basée sur
les principes suivants : - Une désystématisation des interventions
phytosanitaires chimiques, basée d'une part sur le contrôle visuel
et l'observation périodique des cultures (pour évaluer le niveau de
prolifération des organismes ravageurs) et le piégeage sexuel d'autre
part. - Un raisonnement des interventions basé sur l'existence de
seuils de nuisibilité tolérables par les producteurs. Lorsque les
techniques d'observation des niveaux de population de ravageurs (contrôles
visuels, piégeages) montrent un dépassement de ce seuil, une intervention
est alors déclenchée. On intervient en évitant de rompre l'équilibre
naturel par lutte biologique (lâchers d'auxiliaires inondatifs, produits
biologiques) ou par lutte chimique raisonnée (le bon produit au bon
moment et à la bonne dose). Les seuils de nuisibilité utilisés sont
issus des recherches INRA (1) / ACTA (2) /SPV (3) et sont localement
adaptés aux pressions parasitaires régionales par le SRPV (4). - Un
choix de pesticides sur la base de leur sélectivité par rapport aux
auxiliaires. Pour aider les producteurs, les avertissements agricoles
du service de protection des végétaux constituent un outil d'information.
Finalement, l'histoire de la protection des
cultures depuis la fin de la seconde guerre mondiale est marquée par
deux défis : Le premier défi est celui de la productivité pour nourrir
les populations, le second est celui de la qualité alimentaire. Si
autrefois on s'inquiétait de savoir si on aurait à manger, aujourd'hui
on s'inquiète en plus de la qualité de ce que l'on mange. La surveillance
et la réduction des résidus constituent l'objectif actuel, par une
utilisation optimisée de nouvelles molécules biodégradables, conformément
aux bonnes pratiques agricoles. Les doses des nouveaux produits phytosanitaires
s'expriment désormais en grammes par hectare là ou on préconisait
plusieurs kilogrammes il y a encore quelques années. La protection,
la réhabilitation de l'environnement et des ressources naturelles
et la durabilité des acquis sont les défis d'aujourd'hui. Ils nécessitent
une vigilance infaillible. En effet, si la santé humaine a toujours
été prise en considération depuis l'avènement des pesticides, avec
un système d'encadrement très strict qui les rendait sans danger pour
le consommateur, les effets spécifiques sur l'environnement constituent
une préoccupation plus récente mais tout aussi importante (Voir article
de C. Leguille - Pesticides & environnement). (1) INRA : Institut
National de Recherche Agronomique (2) ACTA : Association de Coordination
Technique Agricole (3) SPV : Service de Protection des Végétaux (4)
SRPV : Service Régional de Protection des Végétaux
Dr Saida Barnat - Equation-Nutrition n°18 (APRIFEL) - Septembre 2001
Nutritionniste - Toxicologue
PLAN DE SURVEILLANCE, PLAN DE CONTRÔLE... LES
RÉPONSES DE LA DGCCRF
Qu'appelle-t-on plan de surveillance ? La DGCCRF(1)
établit au mois de juillet un plan de surveillance pour l'année suivante.
Le principe de base est d'établir le nombre et la localisation des
prélévements et la nature. Pour ce dernier point on tient compte du
régime alimentaire des français et les principaux végétaux consommés
sont repris chaque année (par exemple les agrumes, les fruits à pépins,
les fruits à noyau, les carottes, les pommes de terre, les salades
etc.). Les végétaux peu consommés sont introduits dans le cycle des
prélévements selon une certaine orientation.Nous avons deux programmes
de surveillance qui sont intégrés : la surveillance nationale et la
surveillance "harmonisée EU" (application de l'obligation de contrôles)
La localisation tient compte de la répartition sur le sol national
des consommateurs. Les prélévements s'effectuent à tous les stades
de la commercialisation y compris chez le producteur lors de la mise
en vente. Les produits importés sont également pris en compte. Qu'est
ce qu'un plan de contrôle ? A l'inverse du plan de surveillance la
DGCCRF développe des plans ciblés. On contrôle dans ce cas soit un
végétal particulier sans relation pour le nombre avec la consommation
(cas des salades. Le service appuie une action pour améliorer la situation
dans ce secteur) soit une matière active (exemples du chlormequat
sur poires et ou du méthamidophos sur poivrons). Le travail concerne
toujours la vérification du respect des LMRs (2) mais le contrôle
est ciblé sur certains produits à la suite d'alertes ou d'anomalies
suspectées. Naturellement dans ce cas le pourcentage de dépassement
est plus important puis que l'on connaît l'origine de l'aliment (dans
le cas du methamidophos poivron d'Espagne). Quel est le contenu du
rapport de la DGCCRF ? Le rapport fait état de toutes les anomalies
détectées et comprend le plan de surveillance et les différents plans
ciblés puisqu'au niveau communautaire il n'y a pas de différence.
Le rapport national est transparent car il comprend toutes les informations
disponibles dans les laboratoires. Les dépassements de LMRs sont signalés.
Les défauts d'étiquetage sont également relevés. Les utilisations
de produits phytosanitaires non autorisés sont rapportées.
M. Bernard Declercq Directeur central de laboratoire
/ DGCCRF(1) DGCCRF : Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation
et de la Répression des Fraudes / Ministères de l'Economie, des Finances
et de l'Industrie (2) LMR : Limites Maximales de Résidus
AUXILIAIRE, RAVAGEUR... LES RÉPONSES DU CTIFL
Qu'appelle-t-on AUXILIAIRE ? C'est un animal
prédateur (coccinelle, chrysope, syrphes, punaises…) ou parasite (nématode,
champignon, microhymenoptère ou petite guêpe...) qui, par son mode
de vie, apporte son concours à la destruction de ravageurs nuisibles
aux cultures. Par exemple pour lutter contre les acariens rouges sur
pommier ou pêcher, il existe des acariens prédateurs Phytoseiides.
Ils sont présents naturellement et peuvent aussi être introduits.
Pour lutter contre les thrips sur concombre ou poivron sous abri,
on utilise respectivement des prédateurs : des acariens et des punaises.
A noter que sur les cultures, ce sont des parasites qui entrainent
la mort de leurs hôtes et sont alors appelés parasitoïdes (cf. définition
parasite qui n'entraîne pas la mort). Le Prédateur poursuit et capture
des proies vivantes pour s'en nourrir ou pour alimenter sa progéniture.
Le Parasite (puce, punaise, tique, gui, orobanche) se développe aux
dépens d'un organisme appelé hôte, pendant tout ou partie de son cycle
vital en lui portant préjudice sans entraîner sa mort. Qu'appelle-t-on
RAVAGEUR ? Il s'agit d'un organisme nuisible qui vit directement aux
dépens de plantes ou de denrées en provoquant des dommages plus ou
moins importants. Note : ce terme s'applique surtout aux animaux (par
opposition aux maladies).
Mme Yannie Trottin Responsable du programme protection intégrée des
cultures légumières sous abri / CTIFL